LE MOUVEMENT RESPIRATOIRE PRIMAIRE

wa_import9.jpg

En 1999, sous le contrôle des organismes fédéraux des Etats-Unis, elle a même trouvé une légitimité scientifique. Une expérience menée par le Chicago College of Osteopathie Medicine a objectivé l’existence et la perceptibilité du Mouvement Respiratoire Primaire (concept central de l’ostéopathie, longtemps dénié par le corps médical français). L’étude mettait en parallèle le ressenti ostéopathique d’un praticien (Nicette Sergueef, ostéopathe Lyonnaise !) et la mesure par laser-Doppler des oscillations de Traube-Hering-Mayer. Les oscillations de Traube-Hering-Mayer sont des variations de la pression artérielle, régulières, mais indépendantes des rythmes cardiaque et pulmonaire, dont on ne connaissait pas l’origine. Les comparaisons statistiques, sur des séries de sujets, ont montré une concordance parfaite (P<0.000) entre le ressenti du praticien et la mesure du laser-Doppler ! Travaux publiés pour la première fois en mars 2001.

Le Mouvement Respiratoire Primaire (MRP) est un micro-mouvement rythmique, synchrone, qui anime tous les tissus de l’organisme.
Le MRP est perceptible par une main exercée comme un mouvement, pour autant peut-être serait-il plus avisé de le présenter comme un dynamisme, un flux … Le MRP est rythmique c’est à dire qu’il présente une phase dite « d’inspir » et une phase dite « d’expir », ce cycle se déroule de 6 à 12 fois par minute.
 
Dans l’état de santé toutes les régions du corps, tous les tissus, ont un mouvement synchrone, ils sont en inspir ensemble puis en expir ensemble etc. Animer signifie « donner la vie » et percevoir le MRP donne l’impression de toucher la Vie, le souffle vital. Le concept est assurément très proche de celui de Vitalité des homéopathes.
(1)    motilité : c’est le mouvement propre (autonome) des tissus, en opposition à la mobilité du corps sous l’action musculaire.
 
(2) fascias, ou aponévroses : tissus qui enveloppent en continuité toutes les « loges » de l’organisme, du muscle au groupe musculaire, en passant par les organes (péricarde, péritoine, mésos …)

De ces concepts, de la mobilité des os du crâne et de la naissance du MRP dans la boîte crânienne, vient l’affirmation que l’articulation centrale pour les ostéopathes est la symphyse sphéno-basilaire (SSB).
 
La dure-mère (méninges) n’ayant d’attaches fortes que sur le pourtour du trou occipital et sur le sacrum, la SSB et le sacrum se trouvent intimement liés, c’est la notion du sacro-crâne qui trouvera de multiples développements en particulier dans la méthode Poyet.

«Il y a un principe simple et multiple dans ses effets qui préside à toute l’économie du corps et qui y produit les contraires ; il fait la vie du tout et des parties.»

Hippocrate

wa_import12.jpg
LE MOUVEMENT RESPIRATOIRE PRIMAIRE

L’expérience commune est fort éloignée de l’expérience du MRP. 
 
Nous avons l’habitude de percevoir le corps comme quelque chose de massif, solide, si ce n’est dur, et immobile lors des temps de repos. La main éduquée perçoit tout autre chose, le corps au repos devient vivant, animé, fluide, souple …
 

Pour imager ceci on peut comparer une branche vivante, sur l’arbre, et un manche à balai, morceau de bois mort … L’os lui-même est constitué à plus de 22% d’eau (65% d’eau dans la globalité du corps), les os longs sont toujours vrillés, torsadés, pour mieux amortir les contraintes. A la réception d’un saut par exemple, le fémur s’infléchit, l’os réagit, travaille, vit.
 
Mais concrètement, qu’est-ce que le MRP ? Au delà de sa concordance avec les oscillations de Traube-Hering-Mayer, quel est le substrat physiologique du MRP ? A notre connaissance il n’y a aujourd’hui que des hypothèses, plus ou moins solides, fondées sur l’anatomie, la physiologie et la biomécanique.
 
Le liquide céphalo-rachidien (LCR) est considéré comme l’initiateur du MRP par certains. En effet ce liquide qui baigne le système nerveux central connaît un cycle de sécrétion et réabsorption au niveau des méninges. Pour d’autres la motilité(1) propre aux cellules nerveuses entraîne des variations rythmiques de volume du système nerveux central. Les 2 concepts peuvent être conjugués dans leur interdépendance.
 
Dans tous les cas la genèse du MRP se trouverait au niveau de la boîte crânienne et se propagerait au reste du corps via le LCR et la lymphe et/ou par les fascias(2).
 
Une preuve logique avancée par l’ostéopathie de l’existence du MRP repose sur l’étude des sutures crâniennes. Alors que la médecine conventionnelle considère que ces sutures sont immobiles, leur agencement montre des plans de glissement, des points pivots … qui n’ont de sens que si ils permettent des mouvements … la nature est rarement gratuite dans ses réalisations !