Historique

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En 1999, sous le contrôle des organismes fédéraux des Etats-Unis, elle a même trouvé une légitimité scientifique. Une expérience menée par le Chicago College of Osteopathie Medicine a objectivé l’existence et la perceptibilité du Mouvement Respiratoire Primaire (concept central de l’ostéopathie, longtemps dénié par le corps médical français). L’étude mettait en parallèle le ressenti ostéopathique d’un praticien (Nicette Sergueef, ostéopathe Lyonnaise !) et la mesure par laser-Doppler des oscillations de Traube-Hering-Mayer. Les oscillations de Traube-Hering-Mayer sont des variations de la pression artérielle, régulières, mais indépendantes des rythmes cardiaque et pulmonaire, dont on ne connaissait pas l’origine. Les comparaisons statistiques, sur des séries de sujets, ont montré une concordance parfaite (P<0.000) entre le ressenti du praticien et la mesure du laser-Doppler ! Travaux publiés pour la première fois en mars 2001.

Malgré des décennies de non reconnaissance par les institutions officielles (sécurité sociale, ministère de la santé…) l’ostéopathie s’est progressivement implantée dans le paysage médical français. Sa pratique s’est même généralisée au point que plus d’un français sur trois y a déjà eu recours au moins une fois, et que 75% des sportifs de haut niveau sont suivis par un ostéopathe : l’ostéopathie est à la mode !
 

APERCU HISTORIQUE DE LA METHODE POYET

Cet événement majeur qui valide scientifiquement le discours et les résultats thérapeutiques de l’ostéopathie est pourtant passé inaperçu du grand public, les médias n’ayant pas relayé cette information (un article est paru dans Kiné Actualité du 27 septembre 2001).
 
Mais ce que la science ne peut obtenir c’est la politique et l’Europe qui vont l’apporter!
En mars 2002 le texte de loi sur la reconnaissance de l’ostéopathie passe en deuxième lecture à l’Assemblée Nationale. Les décrets d’application sont parus au journal officiel en mars 2007. Et si l’ostéopathie est enfin reconnue, elle a été bien limitée voir même amputée ! De nombreux actes sont subordonnés à une indication médicale, d’autres (comme tout le travail viscéral ou les relations entre bassin et crâne !) sont purement et simplement interdits !
 
Si l’on ajoute à cela, que, pour obtenir cette reconnaissance officielle, les plus importantes écoles d’ostéopathie françaises s’étaient regroupées et, pour valider un diplôme commun, avaient uniformisé leurs enseignements, sacrifiant entre autres les techniques les plus fines et les plus douces (techniques qui préfiguraient, il y a plus de 20 ans, celles utilisées aujourd’hui en Méthode Poyet), on peut trouver le prix à payer un peu élevé.

L’histoire officielle de l’ostéopathie commence à la fin du XIX° siècle, au Nouveau Monde. Elle s’affiche d’abord comme un mouvement social apportant une véritable alternative à l’orthodoxie, avec une revendication plébéienne marquée et bientôt  un refus de l’utilisation des médicaments.

Andrew Taylor Still, connu comme le fondateur de l’ostéopathie, étudie  d’abord la médecine avec son père, se plonge dans une vaste littérature médicale, et s’enthousiasme en particulier pour l’anatomie. Dès les années 1870, il s’intéresse au bonesetting, une forme de manipulation utilisée pour traiter les affections orthopédiques.
 
En 1892, il fonde l’American School of Ostéopathy, marqué par quelques notions clefs  défendues par certains de ses contemporains (Davis, Babbitt, Evans…) en particulier cette conception de la santé définie comme l’interaction harmonieuse entre les parties du corps et un fluide y circulant sans obstruction.
Il affirme l’unité de l’organisme et ses capacités d’auto-guérison, les liens entre la structure et la fonction et met au point des techniques structurelles, manipulatives, (aujourd’hui obsolètes pour la plupart) qui permettent de résoudre des souffrances en rééquilibrant les désordres articulaires..

William Gardner Sutherland, issu d’une famille modeste d’origine écossaise, finit en 1900 sa formation auprès de Still. Déjà au cours de celle-ci, il s’intéresse plus particulièrement à l’architecture des crânes. Ses recherches le conduisent à penser que la manipulation des os crâniens peut avoir des conséquences sur l’ensemble de l’organisme. Sutherland perçoit de plus “un micro-mouvement ondulatoire” au niveau des os du crâne. Bientôt, c’est dans tous les tissus de l’organisme qu’est repéré ce qui se nommera bientôt le « mouvement respiratoire primaire» (first respiration ou Cranial Rythmic Impulse = CRI en anglais).
 
Ce mouvement, permanent et synchrone dans l’ensemble du corps, constitue de fait une continuité fonctionnelle notamment entre le crâne et le bassin. C’est la naissance de “la thérapie crânio-sacrée”.
 
Désormais toutes les bases de l’ostéopathie moderne sont en place. Le fonctionnement du Mouvement Respiratoire Primaire s’éclaire peu à peu, les techniques évoluent … Deux axes principaux de travail se développent. Les techniques structurelles (manipulations) qui s’occupent de la « position » des pièces osseuses et les techniques fonctionnelles qui, elles, regardent le « mouvement » (techniques douces).

« L’ostéopathie est l’art de diagnostiquer et de traiter, par la main, les dysfonctions de la micromobilité des tissus du corps, qui entraînent des troubles fonctionnels pouvant perturber l’état de santé .»

Le référentiel de l’ostéopathie, octobre 2001

 Au milieu du XX° siècle Harold Magoun livre une première grande synthèse des techniques crâniennes. Celles-ci se révèlent efficaces pour nombre d’affections telles les migraines, les fatigues chroniques, les douleurs cervicales…
 
Et c’est à cette époque que l’ostéopathie pénètre le vieux continent, elle s’implante à Paris et de là à Londres et Genève (avec la première école d’étiopathie (il n’existe pas de différence fondamentale entre l’ostéopathie et l’étiopathie; les fondateurs de l’étiopathie étaient des ostéopathes qui enseignaient des techniques d’ostéopathie…) Le développement sera alors exponentiel !
 
Dans ce grand mouvement, si des évolutions se font au sein de l’ostéopathie même, beaucoup de praticiens partent sur leur propre chemin pour fonder de nouvelles méthodes, souvent en s’appuyant sur le MRP. On peut citer parmi ces méthodes inspirées en partie au moins de l’ostéopathie et du MRP : la micro kinésithérapie (qui parle aujourd’hui de manifestation rythmique palpatoire), la biokinergie, la fasciathérapie, et aux confins de l’ostéopathie : la Méthode Poyet.